Chercher cette image du bonheur. Je rencontre ce groupe de pré-adolescentes lors d’un match de football, et les retrouve plus tard, dans leur jardin où trône un immense trampoline. Le trampoline est à Gardur une véritable institution, des temples d’un genre nouveau, que l’on trouve à chaque coin de rue. Ils sont pour moi les symboles d’une lutte contre l’inexorable isolement mais dans le même temps l’expression d’une liberté absolue, de vie en osmose avec la nature et les éléments.
La lumière spéciale du mois de juin -Soleil de minuit- donne un relief particulier aux scènes de suspension. S’extraire de la gravité et toucher le bonheur.
Le phototropisme d’êtres encore libres.
     Islande, Fresh Winds Festival Residency
     and international exhibition
 
« La première image dont il m’a parlée, c’est celle de trois enfants sur une route, en Islande, en 1965. II me disait que c’était pour lui l’image du bonheur, et aussi qu’il avait essayé plusieurs fois de l’associer à d’autres images - mais ça n’avait jamais marché. II m’écrivait : ‘‘... il faudra que je la mette un jour toute seule au début d’un film, avec une longue amorce noire. Si on n’a pas vu le bonheur dans l’image, au moins on verra le noir.’’ »
 
Ces premières phrases en ouverture du chef d’œuvre de Chris Marker Sans Soleil m’habitent depuis longtemps, m’intriguent. Lorsque j’ai visionné cette image du bonheur comme il l’a décrite -celle de 3 enfants courant dans un champ en Islande- j’ai voulu aller voir là-bas. L’Islande (la Terre de Glace) fait partie de ces « pôles extrêmes de la survie » avec le Japon (le Pays du Soleil Levant) comme il les nomme. Ils exercent sur moi une fascination toute particulière. Ce sont les temples de l’impermanence des choses.
 
Après mes différentes réalisations, reflétant mes pérégrinations sur cet îlot au niveau du cercle polaire, j’y retourne en juin 2012 au sein d’une résidence «Fresh Winds» se situant à Gardur. Cette fois, je m’extrais de ma solitude face à ces paysages chaotiques, et cherche à rendre visibles les présences humaines qui parsèment ce territoire désertique, mes rencontres. Gardur est un tout petit village, à 1h de Reykjavik, situé à la pointe extrême ouest de l’île. C’est un village isolé construit au milieu de nulle part : encerclé d’un côté de l’océan immense, de l’autre d’un désert de lave.
Fljúgandi (En suspens)
2012
Simon Lourié
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