Des lointains a été réalisé lors d’une résidence en Chine, dans le Yunnan, à l’occasion de mon invitation à participer au 6e Festival International de Photographie de la ville de Dali, en août dernier.
Cette autre définition que semble proposer la langue chinoise du “paysage” résonne en moi, tout au long de ce voyage, comme une abstraction insaisissable, que je souhaite approcher, ressentir. Je n’ai alors pas contemplé les lignes d’horizon mais ce qu’elles liaient. Elles deviennent des miroirs qui fusionnent ce qui est au-desus et ce qui est au-dessous. Les éléments solides ou compacts s’opposent à ceux aériens ou liquides à travers cette lisière qui les délimitent et les révèlent en paysage.
A ma sensation d’impermanence des choses face aux montagnes brumeuses, aux forêts denses, qui entourent et dominent Dali, se juxtaposent d’autres émotions, d’une autre temporalité, celle du fête du feu.
Des lointains est un paysage in extenso, ample et incertain, poétique et flottant. Une nouvelle ligne d’horizon se compose suivant des moments intemporels et est ponctuée des visions d’un événement fugace et mystérieux.
Lucie Jean
“..la Chine nous met devant une toute autre entrée de ce que nous appelons “paysage”, en Europe. Elle tranche radicalement avec ce sémantisme de l’étendue, de la vue et de la découpe. Elle dit “montagne(s)-eau(x) ; ou montagne(s)-rivière(s).”
Vivre de paysage ou L’impensé de la raison
par François Jullien, ch. “Montagne(s)-eau(x)
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