Les failles inverses #1 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g., cadre noir mat​​​​​​​ : 65 x 80 cm

Les failles inverses, 2019/in progress
Après les petites montagnes d’Islande, j’ai le plaisir d’admirer plusieurs hivers de suite la face Nord d’un fascinant sommet immaculé : la Meije dans le massif des Ecrins, dans les Alpes. Un hiver, à l’occasion d’un redoux, la neige laisse affleurer sa géologie, si particulière, celle d’un « chevauchement ».
C’est l’inversion de la logique normale des roches : la strate plus jeune et sensible à l’érosion, composée de calcschistes, forme le socle, et celle au-dessus, la plus ancienne et compacte, de granite et gneiss, le sommet. Cette spectaculaire et rare « faille inverse » m’est révélée dans toute sa splendeur grâce à un contraste impermanent : la roche sombre et fragile du fond de vallée est mise en relief par un saupoudrage de neige fondante.
Je suis devant une montagne, fragile, géante majestueuse aux pieds de schiste. À ce spectacle géologique rare, s’ajoutent cette année deux autres phénomènes exceptionnels : un vent puissant et violent apporte une pluie de sable, venu du Sahara, sur la région. Cette fine couche de sable rosé refait surface avec la fonte de la dernière épaisseur de neige et dessine de nouveaux reliefs.
Aussi, à l'hiver 2021, un morceau se détache du glacier du Tabuchet, provoquant une avalanche digne de celles immenses de l’Himalaya, emportant dans son sillon glace et roches, arbres.
Une fois encore, je me retrouve au cœur des éléments. Eau, glace, terre, feu..

D’abord à distance, je scrute ce panorama, cherchant les indices de sa formation, de sa « liquidité » originelle, celle de son passé volcanique. Les plis de cette « faille inverse » fracturent le paysage et révèlent la plasticité singulière de cette montagne. Puis je me rapproche peu à peu de sa matière.
Au pied de l’avalanche ruissellent des coulées de boue noire, mélange de neige fondue, de sable rose, de feuillets et poussières de schiste.
Au contact de ces nouveaux cours d’eau éphémères, c’est naturellement que je désire prolonger mon observation photographique par des expérimentations sculpturales. Mes céramiques, d’un grès noir très chamotté (sableux), me rapprochent encore de« l’infiniment petit » de ce paysage « immensément grand ».
À travers ces changements d’échelle, ces légers vertiges de l’observation, il ne s’agit pas seulement pour moi de documenter l’apparence d’un paysage à un instant donné, mais de traverser celui-ci pour accéder à ses particules les plus élémentaires, à leur incessante recombinaison. Un mouvement qui, s’il reste en partie naturel, ne l’est plus seulement : les actions de l’homme sur son environnement ne cessent d’accélérer une altération de la nature, une détérioration du paysage, prémices de « l’effondrement des Alpes », offrant peu à peu un nouveau paysage.

Galerie Vu’, Paris - mai 2021. Sortie d’atelier avec Claudine Doury / Agence Vu’ Education

Les failles inverses #2 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g, feuille de cuivre., cadre noir mat​​​​​​​ : 65 x 80 cm

Les failles inverses #3 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g., cadre noir mat​​​​​​​ : 65 x 80 cm

Les failles inverses #5 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g., cadre noir mat​​​​​​​ : 65 x 80 cm

Les failles inverses #4 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g., cadre noir mat​​​​​​​ : 65 x 80 cm

Les failles inverses #6 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g., cadre noir mat​​​​​​​ : 65 x 80 cm

Les failles inverses #7 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g., cadre noir mat​​​​​​​ : 65 x 80 cm

Les failles inverses #8 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g, cadre noir mat. : 65 x 80 cm

Les failles inverses #9 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g., cadre noir mat : 65 x 80 cm

Les failles inverses #10 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g., cadre noir mat : 65 x 80 cm

Les failles inverses #11 , 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g.,cadre noir mat​​​​​​​ : 65 x 80 cm

Les failles inverses #Le sable, 2020. Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g, cadre noir mat. : 65 x 80 cm

Les failles inverses #L'avalanche​​​​​​​Tirage pigmentaire sur Awagami Kozo 110g, 54 x 40 cm, cadre noir mat

Les failles inverses #Sculpture1, 2021. Céramique émaillé, feuille de cuivre : environ 12 cm, pièce unique

Les failles inverses #Sculpture2, 2021. Céramique émaillé, feuille de cuivre : environ 12 cm, pièce unique

Les failles inverses #Sculpture3, 2021. Céramique émaillé, feuille de cuivre : environ 12 cm, pièce unique

Les failles inverses #Vertiges1, 2020-2021, détail installation. Détail fragment n°1 : tirage fine art direct sur dibond aluminium brossé : 60 x 80 cm, longueur installation globale : 505 cm

Les failles inverses #Gravure1 ​​​​​​​- plaque cuivre gravée et encrée, pièce unique

Les failles inverses #Gravure1 - Tirage gravure : 10 x 12 cm

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