2025. Tirage fine art sur FujiFlex, et encre givrée,  cadre chêne : 20x15  cm

« La première image dont il m’a parlé, c’est celle de trois enfants sur une route, en Islande, en 1965. II me disait que c’était pour lui l’image du bonheur, et aussi qu’il avait essayé plusieurs fois de l’associer à d’autres images - mais ça n’avait jamais marché. II m’écrivait : ‘‘... il faudra que je la mette un jour toute seule au début d’un film, avec une longue amorce noire. Si on n’a pas vu le bonheur dans l’image, au moins on verra le noir.’’ »
Sans Soleil, Chris. Marker
Ces quelques phrases en exergue de ce film référence m’a guidée vers mon premier périple en Islande comme une évidence. L’âge de la majorité, premier salaire, premier voyage en avion, première  découverte, première  fascination qu’il faut traverser pour ne pas rester en surface de la beauté qui s’impose. La suite est une chronique d’aller-retours sur une trentaine d’années, une quinzaine de séjours. Faire le tour en car et planter la seule tente sur une bande de terre déserte -avant les années de sur-tourisme, partir en road-movie comme sur la route de l’infini à travers la tempête de vent et de neige, se perdre dans les montagnes et remercier le soleil de minuit de nous permettre de retrouver notre chemin en plein jour. Se réveiller dans une vallée et voir ce jeune garçon tendre la main au milieu du sable noir, et apercevoir de loin ce labbe antarctique surgir d’un sommet et venir manger dans la main de l’enfant. Puis, y travailler régulièrement pour une Biennale de land-art. Y retourner toujours l’hiver. Rendre visite à mon amie devenue chercheuse en géothermie, qui m’alerte sur l’imminence d’une éruption. Et ne pas voir l’éruption.
Ce nouveau chapitre sur l'Islande rend compte de cette attente, de cette conscience d’un bouillonnement sous-jacent, prêt à exploser, à fendre l’écorce, à recouvrir de noir tout le paysage. Je contemple les collines de cendres lorsque la neige les saupoudre délicatement, juste après un redoux. Je scrute les icebergs cherchant les signes de leur origine : fragments d’un glacier évoluant sur un volcan. Je parcours les récentes coulées de lave, givrées, noires, fracturées.
Cette fois, j’applique directement sur les tirages ma technique de ‘gravure givrée’ -qui consiste à déposer de l’encre sur un support avant de la faire geler, révélant ainsi les morsures aléatoires de la cristallisation et révélant un paysage dans le paysage.

Procédé de la «gravure givrée» © Lucie Jean : sur une plaque de métal (diffusant plus facilement le froid), j’applique de l’encre plus ou moins acqueuse, plus ou moins diluée. Je lui donne une direction / un pli. J’appose ensuite le tirage photographique, face contre l’encre, puis laisse l’ensemble dans un espace de froid négatif (in situ en extérieur ou dans un espace congelant). En gelant, l’encre se cristallise et «mord le papier photographique», telle une morsure de gravure. En dégelant, l’encre se fixe sur le papier photographique et laisse les dessins de cristaux aléatoires, selon les spécificités des différents papiers.

Vue d'une installation polymorphe

Les failles inverses #La montagne d'encre , 2023. Installation vidéo

Soyez patients, contemplez la disparition

Projection video

En attendant le vent solaire - Le geyser, 2025. Tirage fine art pigmentaire sur Hahnemühle Agave. : 100 x 70 cm

Vapeur brûlante du geyser à l'aube, givré sur son flanc gauche par le vent glacial

En attendant le vent solaire - Icebergs et cristaux#1, 2025. Tirage fine art sur FujiFlex, et encre givrée,  cadre chêne : 20x15  cm

En attendant le vent solaire - le village, 2025. Tirage pigmentaire sur Hahnemühle Agave., cadre noir mat : 25 x 20  cm

En attendant le vent solaire - Surplomb #1,  2025. Tirage pigmentaire sur Hahnemühle Agave et encre bleu de Prusse givrée., cadre chêne : 30 x 70  cm

En attendant le vent solaire - Les cendres figées #1,  2025. Tirage pigmentaire sur Hahnemühle Agave., cadre noir  : 65 x 50  cm

Cendres du volcan Vatnajökull prisonnière d’un fragment d’iceberg dérivant dans le lac Jokulsarlon

En attendant le vent solaire - Eldjall #1, 2025. Tirage pigmentaire sur Hahnemühle Agave et encre de Chine givrée, cadre noir : 65 x 50  cm

En attendant le vent solaire - Le miroir  #1, 2025. Tirage fine sur papier dos bleu : 250 x 120 cm

>>>

Back to Top